
Retraite des frontaliers : deux carrières, deux caisses, et personne pour additionner
Vous avez cotisé en France, puis en Allemagne, parfois dans les deux sens. Chaque pays vous versera sa part, selon ses propres règles et à sa propre date. Personne ne vous enverra le total, et c'est pourtant le seul chiffre qui vous intéresse.
À qui s'adresse cette analyse ?
Aux résidents français qui travaillent ou ont travaillé en Allemagne, quelle que soit la durée.
Elle devient urgente à partir de quarante-cinq ans, parce que les corrections de carrière prennent du temps et que les documents des périodes anciennes sont les plus difficiles à retrouver.
Elle concerne aussi ceux qui sont revenus travailler en France après plusieurs années en Allemagne, et qui pensent souvent, à tort, que ces années sont perdues.
Frontaliers
France - Allemagne
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Comment ça marche, en clair
Le principe européen est celui de la totalisation. Chaque pays où vous avez cotisé vous versera une pension correspondant à ses propres périodes, calculée selon ses propres règles. Vous ne perdez pas vos années allemandes en revenant en France, et vous ne perdez pas vos années françaises en partant en Allemagne.
Point important et souvent mal compris : pour ouvrir un droit à pension allemande, il faut justifier d'une durée minimale de cotisation. Les périodes accomplies dans d'autres pays européens comptent pour atteindre cette durée, même si l'Allemagne ne paiera que ses propres périodes. Autrement dit, quelques années en Allemagne ne sont presque jamais perdues, contrairement à ce que beaucoup croient.
Les âges de départ, les conditions de taux plein et les mécanismes de décote ne sont pas les mêmes dans les deux pays. Vous pouvez donc percevoir une pension d'un pays avant l'autre, et ce décalage se prépare.
Le vrai problème n'est pas le calcul, c'est la reconstitution
Dans presque tous les dossiers que je regarde, le blocage n'est pas la complexité du calcul. C'est qu'il manque des morceaux.
Un employeur allemand disparu dont les périodes n'ont jamais été reportées. Des trimestres français d'un job étudiant absents du relevé. Un changement de nom après un mariage qui a créé deux dossiers distincts. Une période d'apprentissage ou de service qui n'apparaît nulle part. Des cotisations versées à une caisse complémentaire dont plus personne ne se souvient.
Chacune de ces anomalies se corrige, mais aucune ne se corrige vite. C'est la raison pour laquelle il faut s'y prendre dix ans avant et pas six mois avant.
Ce que l'on fait ensemble
On rassemble d'abord les documents des deux côtés : le relevé de carrière français, qui récapitule l'ensemble de vos régimes, et le relevé allemand.
On repère ensuite les trous, les périodes manquantes et les incohérences, et on identifie les démarches à engager pour les faire corriger.
On construit une projection consolidée : ce que chaque pays devrait verser, à quelle date, et ce que cela donne une fois additionné.
On compare enfin ce total à vos besoins réels, et on détermine ce qu'il faut mettre en place côté français pour combler l'écart, en tenant compte de votre situation fiscale, qui n'est pas celle d'un salarié français classique.
Où s'arrête mon périmètre
Je ne liquide pas votre retraite et je n'engage pas de démarche à votre place auprès des caisses.
Je ne donne pas d'avis sur le droit social ou fiscal allemand. Les points qui en relèvent sont validés avec un spécialiste compétent, et je vous le dis clairement plutôt que de vous donner une réponse approximative.
Ce que je fais, c'est reconstituer la vue d'ensemble, chiffrer l'écart, et organiser ce qui peut l'être côté français.

Questions fréquentes
sur votre retraite

Savez-vous ce que vos deux carrières donneront une fois additionnées ?